Que va changer l’accord de Mercosur pour les constructeurs européens ?

Le 1er juillet a été un grand jour pour l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) suite notamment à la conclusion d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Marché commun du Sud (Mercosur). Les négociations prévoient avant tout l’allégement des droits de douane dans la zone économique sud-américaine, à savoir l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.

Mercosur : un marché prometteur pour l’ACEA

Après l’accord avec le Canada, celui avec le Japon, l’Union européenne a changé de cap vers l’Amérique du Sud pour conclure un accord commercial avec le Mercosur. Les négociations ont été fructueuses et l’ACEA sera le premier acteur à bénéficier du potentiel du marché de l’industrie automobile dans les pays du Marché commun du Sud.

Selon la déclaration du secrétaire général de l’ACEA, Erik Jonnaert, dans un communiqué, cet accord devra permettre aux constructeurs européens de profiter d’une réduction des droits de douane. Pour rappel, ceux-ci sont actuellement fixés à 35 % sur les véhicules.

Bon à savoir : en 2018, l’UE a exporté 73 000 voitures vers les quatre pays du Mercosur, soit 2,2 % du marché total. De leur côté, ces derniers ont importé 234 000 véhicules, soit près de 8 % du marché, sachant qu’ils ont enregistré pas moins de 3 millions d’unités l’année dernière.

Accord entre l’UE et le Mercosur : quelle contrepartie ?

Pour parvenir à bout de leurs négociations, l’UE et le Mercosur ont consenti à des contreparties non négligeables.

Mercosur ouvre ses portes à l’UE

Les quatre pays sud-américains concernés ont accepté d’ouvrir ses portes à l’industrie de l’Union européenne : voitures, marchés publics, produits chimiques et pharmaceutiques. Ils vont également réduire leurs droits de douane sur les produits venant de l’Europe jusqu’à 91 %.

L’EU réduit ses taxes à l’importation

De son côté, l’Union européenne s’engage à faciliter l’accès à son marché, notamment dans le secteur agricole. Les pays du Mercosur pourront ainsi bénéficier d’une réduction d’impôt de 92 % sur l’importation. Dans le détail, 35 % des taxes sur les véhicules vont progressivement disparaître, puis 14 à 18 % sur les pièces détachées et enfin 14 à 20 % sur les équipements industriels.

Un accord qui ne fait pas le bonheur de tous

Pour rappel, les constructeurs européens faisant partie de l’ACEA ont déjà des usines implantées dans les pays de Mercosur. Les importations de véhicules ne devront donc pas bondir même si le traité sera approuvé et appliqué. Cependant, il y aura peut-être une forte demande sur les pièces de rechange.

Concernant les contreparties avancées par l’UE, les agriculteurs européens dénoncent une concurrence déloyale et semblent s’opposer à cet accord. Celui-ci a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs critiques de la part de différents ONG et écologistes en raison notamment de ses impacts négatifs sur l’environnement.

Qu’à cela ne tienne, l’accord devra être ratifié par les parlements des États membres européens comme Sud-Américains avant d’entrer en vigueur, une procédure qui risque de s’éterniser…

Photos : lvdneng.rosselcdn.net, straitstimes.com

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